L'art peut-il être une arme politique ?

C'est la question que se pose une génération entière de peintres dans le Mexique de l'après-Révolution (1910-1920). Leur réponse : sortir l'art des musées et l'afficher directement sur les murs des bâtiments publics, pour raconter l'histoire du pays au peuple lui-même, à même les façades. À leur tête : Diego Rivera.

Vous le connaissez peut-être surtout comme "le mari de Frida Kahlo" (vous pouvez d'ailleurs (re)découvrir la peintre lors d’un cours qui lui est dédiée le 2 septembre). Mais réduire Diego Rivera à cette relation, c'est passer à côté de l'un des grands chapitres de l'art du XXe siècle.

Ses fresques ne sont pas des tableaux : ce sont des dizaines, parfois des centaines de mètres carrés, peints pour être vus par toutes et tous, y compris celles et ceux qui n'auraient jamais mis un pied dans une galerie. Certaines, comme ses fresques new-yorkaises, seront même censurées pour leur radicalité politique. Pour Rivera, la peinture n'est jamais un simple exercice esthétique : c'est une conviction, celle que l'art peut porter une histoire nationale et devenir un outil de combat.

Le Soulèvement, fresque de Diego Rivera (1931), scène de révolte armée dans le Mexique révolutionnaire

Diego Rivera, Le Soulèvement, 1931, collection privée, Mexico (© 2011 Banco de México Diego Rivera & Frida Kahlo Museums Trust, México, D.F. / Artists Rights Society (ARS), New York)

Photographie en noir et blanc de Frida Kahlo et Diego Rivera

Frida Kahlo et Diego Rivera. Crédit : Keystone-France / Getty Images

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Vaut-il mieux suivre sa raison ou ses sentiments ?